ERB met son imagination au service des lecteurs.

ERB met son imagination au service des lecteurs.

Barbituriques, histoire 5 Un contrat sucré, pour une histoire salée...

Dans chacune de mes histoires, Barbie finira par tuer Rick, mais comment vais-je vous y emmener ? HIHIHI !

 

Barbituriques histoire 5

Mots choisis : tempêter, Prétendre, Emplâtre, Eclat, Infaillible, Grec, Emploi.

 

Un contrat sucré, pour une histoire salée.

Peter était droit dans ses bottes, il n’avait rien à se reprocher. Il avait toujours pensé que la vie était, avant tout, une histoire de dosage entre l’altruisme, le système D et la défense de ses propres intérêts.  Il n’allait certainement pas risquer  de perdre son job pour couvrir trois de ses collègues.

L’histoire avait débuté le mois précédent, lorsque ces derniers avaient assisté à un séminaire. L’un d’eux avait manqué la plupart des réunions pour les remplacer par des  parties de jambes en l’air avec  l’amour de sa vie, à savoir un certain Rick, dit le Grec , qu’il avait rencontré lors d’une des soirées privées qu’il fréquentait. Le directeur attendait beaucoup de ce séminaire, et, bizarrement, ils avaient perdu deux marchés importants avec un publicitaire.  Il était fou de rage, chaque fois qu’il appelait l’agence en question pour tenter de rattraper le coup, il se faisait gentiment renvoyer dans ses vingt-deux.

Les temps étaient durs pour les sociétés de gravures et il valait mieux rester sur le marché. Les trois collègues, même si l’un d’entre eux avait déserté le séminaire, ne comprenaient pas ;  tout s’était bien passé, les contrats étaient pratiquement signés lorsque les responsables présents de l’agence de publicité avaient annoncé froidement qu’ils se passeraient de leurs services et choisissaient une autre boite pour leurs futures impressions. Comme cela n’avait rien à voir avec les activités extra de leur collègue, ils n’avaient pas jugé opportun de l’accabler inutilement et  continuaient de le couvrir.

Le directeur voulait comprendre ce qui s’était passé et menaçait de virer tous ceux qui, de près ou de loin, avaient fait capoter son projet. Peter avait eu vent des activités pour le moins volages de l’un des trois accusés et, comme vous pouvez l’imaginer, il avait choisi son camp. Sans aller jusqu’à dénoncer ceux qui étaient au courant de la traîtrise, il refusait de protéger qui que ce soit. Tant qu’il le pouvait, il faisait le canard, mais si on venait à lui poser la question en haut lieu, il ne prétendrait pas ne rien savoir. Chacun avait un chiffre à faire pour son année, lui, le fin commercial, beau gosse de surcroit, avait rameuté suffisamment de clients pour atteindre ses objectifs. Si la boite subissait des pertes, c’est que les autres avaient mal fait leur boulot.

Pourtant, lorsque le directeur le convoqua, ce ne fut pas pour l’interroger, mais pour lui confier une mission.  Afin de comprendre pourquoi les contrats avaient été perdus, il lui fallait se rapprocher de la direction de l’agence publicitaire.

_             Vous allez vous rapprocher du directeur par l’entremise de sa fille. Je me suis renseigné, elle est célibataire depuis peu. 

Peter n’en revenait pas.

_             Je vous demande pardon ?

_             Ecoutez mon vieux, il n’y a pas beaucoup de gars, en qui j’ai totalement confiance et qui pourraient remplir ce genre de mission.  Vous êtes célibataire, rien ne vous empêche de faire du gringue à une dame pour le bienfait de votre boite. Nous saurions vous être reconnaissants, évidemment. Vous vous sentez sûr de vous avec les femmes, non ?

_             Oui, mais…

_             Alors, c’est parfait ! Vous n’êtes pas obligé de dire pour qui vous travaillez, tout au moins au début. Mais j’ai besoin de savoir ce qui a fait capoter les signatures.

Peter sortit du bureau après les dernières recommandations de son patron, avec l’impression de s’être bien fait avoir. Est-ce qu’il avait accepté à un moment ou à un autre ? Peu importait, il était bel et bien coincé et allait devoir s’organiser pour sortir avec la fille d’un riche publicitaire.

Avec les femmes, il  fonctionnait toujours à l’instinct et s’était toujours bien gardé de prendre quelque engagement que ce soit. Il voulait rester libre, le mariage était une prison, celui de ses parents n’avait été qu’un emplâtre censé soigner et stabiliser leur relation fluctuante. Résultat des courses, ne se supportant plus, ils avaient fini par se taper dessus entre chaque réconciliation.

Son patron lui ayant donné les adresses de quelques lieux habituellement fréquentés  par la demoiselle, il commença par un petit restaurant, afin de pouvoir observer son poisson avant de tenter de le ferrer. Toujours assis près de l’entrée afin d’entendre les noms des habitués, il fit chou blanc deux jours de suite, mais put enfin voir à quoi elle ressemblait au début du week-end suivant. Il en fit tomber sa fourchette lorsqu’il entendit le chef de salle prononcer son nom. Elle sourit gentiment en le voyant penaud ramasser sa fourchette et se dirigea vers le fond de la salle. La petite bonne femme sans charme à laquelle il s’attendait était en fait une magnifique créature grande, fine au regard ravageur. Il attendit patiemment qu’elle ait terminé son repas pour se lever et rejoindre le bar, afin qu’elle passe à côté de lui en sortant. Alors qu’elle s’approchait, il sentait son cœur battre la chamade, jamais une fille ne lui avait fait cet effet-là. Et au lieu de l’aborder, comme il l’aurait fait en temps normal avec une femme qui lui plaisait, il baissa timidement les yeux lorsqu’elle le frôla en récupérant son manteau. C’était fichu, il n’arriverait jamais à l’approcher pour lui soutirer quelques renseignements que ce soit, il en était persuadé.

Le lendemain, il décida d’aller voir son patron, pour lui expliquer que son plan était loin d’être infaillible et que la demoiselle ne s’intéresserait jamais à lui. Il réfléchit à une autre approche qu’il proposa au directeur. Il avait les noms des personnes présentes lors du séminaire et, l’un d’eux faisant du squash, il proposa de tenter de sympathiser avec lui. Bizarrement,  cela fut plus simple que de séduire la jeune femme, au bout d’une semaine, il jouait chaque soir avec Henri, le plus proche collaborateur du PDG de l’agence de publicité. Un jour, après l’entrainement, ils prirent un verre et Henri l’invita à une soirée privée, proche de la maison mère.   Une aubaine pour tenter de savoir ce qui se tramait au sein de l’agence, que Peter ne laissa pas passer. Il accepta vivement. Le soir prévu, Henri vint le retrouver au pied de son immeuble et ils partirent ensemble pour la capitale.

Peter se retrouva dans un endroit « très, très gay ». Il ne s’y attendait pas du tout, mais commença à mieux comprendre quelques allusions qu’avait faites Henri. Dans quel pétrin son patron l’avait mis ? Il s’apprêtait à dire à Henri qu’il y avait méprise, lorsque ce dernier lui mit l’index sur la bouche.

_             S’il te plait, je sais que c’est beaucoup te demander, mais fais semblant d’être avec moi, OK? Tu vois ce mec là-bas ? Il a rompu avec moi il y a un mois,  c’est mon bébé, l’amour de ma vie, je veux le rendre jaloux, tu comprends ? Il jeta un regard noir vers le couple : dire que le porc avec qui il est croyait que j’allais signer un accord avec sa boite !

Peter faillit s’étouffer en réalisant que le bébé en question se trouvait en face du collègue qui avait fait l’école buissonnière lors du séminaire. Le contrat avait été perdu, parce que le volage avait piqué le mec du responsable !

Sans crier gare, Henri entraina Peter.  En passant, il bouscula son « bébé ». Celui-ci attaqua tout de go.

_             Écoute Barbie, je sais que tu vas tout faire pour me récupérer, mais tu te leurres, j’ai trouvé mieux, bien mieux que toi. Je m’éclate enfin et je n’ai aucune intention de te laisser nous déranger, c’est compris ?

Pendant ce temps, Peter et son collègue se regardaient en chien de fusil, l’autre étant revenu de sa surprise semblait très gêné. Le patron du bar demanda aux anciens amants d’aller s’expliquer dehors. Ce qu’ils firent dans l’arrière-cour et leurs éclats de voix parvinrent à l’intérieur avant que tout redevienne subitement calme. Croyant qu’ils s’étaient réconciliés, Peter s’apprêta à partir, lorsqu’un cri retentit et fit sortir tout le monde…

La police arriva sur les lieux et ne put que constater le crime. Peter fut interrogé et, dès qu’il le put, envoya un message à son patron.

« Monsieur le directeur, vous devriez pouvoir renégocier votre affaire, le bras droit de l’agence va, je crois, passer quelques années en prison. Je rentre demain pour vous expliquer toute l’affaire… »

ERB



30/08/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 4 autres membres